Ce cours est tout simplement génial, les trois heures de cours passent tellement vite qu'à la fin je suis déçu que ça s'arrête. Olive et John enseignent à deux et le font d'une manière très intuitive et qui coule par elle même. Les concepts qu'on abordent sont tous plus riches les uns que les autres et me permettent d'approfondir et de mettre des mots sur mes réflexions personnelles.Une des idées développée hier est celle de la place de l'imaginaire, du rêve,...
Nous vivons dans une société de la lettre, de l'écrit. Avant l'invention de l'imprimerie, seuls les plus riches ou éduqués avait accès qu'à un nombre restreint de littérature. Aujourd'hui on nous distribue des journaux gratuits à tour de bras dans la rue et un gamin de 5 ans peut acheter un livre à 2 euros sur Amazone.
Une bonne évolution certe, mais qui nous prive de toute une tradition orale et visuelle existante avant cela. Le livre nous à réduit à l'utilisation de la vue seule, faisant des nous des handicapés de l'ouïe, de l'odorat, du toucher et du gout.
Ceci est le cas spécialement dans l'église moderne où 60 à 80 pourcents, suivant la congrégation, est dédié à la lecture et l'étude de la parole. Combien de fois n'ai-je pas entendu: "je vous invite à ouvrir votre Bible à tel passage, ou si vous n'avez pas de Bible à trouver un bon chrétien qui en a une...". Phrase qui, même si elle est souvent sortie en tant que blague, est révélatrice de notre mentalité et de l'inhibition des autres sens au sein de nos communautés.
Les premiers chrétiens n'avaient pas de Bible, ils se racontaient les histoires. Des histoires qu'ils avaient entendus de gens qui les avaient entendus d'autres gens...Des histoires qui devaient certainement être déclamées, mises en scène, avec lesquelles les auditeurs interagissaient surement.
Ce qui en reviens au concept dont je parle au début, celui de rêve, d'imagination,... Je pense que l'eglise (dans le sens le plus large possible du terme) se doit de reconquérir cette liberté d'imaginer, de se laisser aller dans des rêves, des visions,... et cela au moyen de tous nos sens et en réintégrant ceux-ci dans les différentes pratiques spirituelles et communautaires.
Comment? A chacun de le découvrir à son niveau...
Nous vivons dans une société de la lettre, de l'écrit. Avant l'invention de l'imprimerie, seuls les plus riches ou éduqués avait accès qu'à un nombre restreint de littérature. Aujourd'hui on nous distribue des journaux gratuits à tour de bras dans la rue et un gamin de 5 ans peut acheter un livre à 2 euros sur Amazone.
Une bonne évolution certe, mais qui nous prive de toute une tradition orale et visuelle existante avant cela. Le livre nous à réduit à l'utilisation de la vue seule, faisant des nous des handicapés de l'ouïe, de l'odorat, du toucher et du gout.
Ceci est le cas spécialement dans l'église moderne où 60 à 80 pourcents, suivant la congrégation, est dédié à la lecture et l'étude de la parole. Combien de fois n'ai-je pas entendu: "je vous invite à ouvrir votre Bible à tel passage, ou si vous n'avez pas de Bible à trouver un bon chrétien qui en a une...". Phrase qui, même si elle est souvent sortie en tant que blague, est révélatrice de notre mentalité et de l'inhibition des autres sens au sein de nos communautés.
Les premiers chrétiens n'avaient pas de Bible, ils se racontaient les histoires. Des histoires qu'ils avaient entendus de gens qui les avaient entendus d'autres gens...Des histoires qui devaient certainement être déclamées, mises en scène, avec lesquelles les auditeurs interagissaient surement.
Ce qui en reviens au concept dont je parle au début, celui de rêve, d'imagination,... Je pense que l'eglise (dans le sens le plus large possible du terme) se doit de reconquérir cette liberté d'imaginer, de se laisser aller dans des rêves, des visions,... et cela au moyen de tous nos sens et en réintégrant ceux-ci dans les différentes pratiques spirituelles et communautaires.
Comment? A chacun de le découvrir à son niveau...
3 comments:
Salut David,
C'est très intéressant !
Nous avons perdu la tradition orale.
Je suis en grande réflexion à propos des Juifs et eux, justement, ont une trés grande tradition orale qui date de la création et qui se poursuit encore. C'est très riche.
Nous devons réapprendre à parler les uns avec les autres.
Comme tu parles de la lecture de la Bible, c'est très juste et on n'a pas appris à en parler les uns avec les autres. On a été éduqué à entendre nous parler !
Marie Claire
Salut David !
Je partage ton point de vue sur l’oralité. J’estime que la compréhension du processus d'élaboration des évangiles synoptiques passe par l'examen de la phase préliminaire, durant laquelle les traditions chrétiennes furent recueillies ou créées et transmises sans le recours à l'écrit. C’est d’ailleurs une des conclusions à laquelle je suis parvenu et sur laquelle je suis entièrement mon vénéré Professeur et promoteur Michel Hubaut…
Pour cette question, je te renvoie aux analyses de W.H. Kelber qui sont nourries par les études des linguistes anglo-américains sur l'oralité (W.H. KELBER, The Oral and the Written Gospel. The Hermeneutics of Speaking and Writing in the Synoptic Tradition, Mark, Paul, and Q, Philadelphia, Fortress Press, 1983). Ces travaux présentent l'avantage d'étudier les modalités concrètes de l'oralité, alors que R.Bultmann se contentait de faire appel de façon purement abstraite aux traditions orales et que B. Gerhardsson qualifie cette tradition par des mécanismes qui relèvent plutôt de l'écrit.
A la suite de Kelber et de nombreux auteurs, je suis d’avis que deux grandes lois régissent les traditions orales : celle de l'identification sociale et celle de la censure préventive. Concernant l’identification sociale, si G. Theissen avait déjà montré que le mode de vie des prophètes charismatiques itinérants correspond au contenu de leur tradition de paroles (privation de domicile, de travail fixe et de liens familiaux), Kelber souligne quant à lui, de façon plus différenciée, l'écho que peuvent trouver les narrations de guérison chez des sujets en mal de société (i. e. se projetant dans le lépreux banni, ils peuvent également se retrouver dans le malade guéri et réinséré). Concernant la censure préventive, je pense que les traditions orales sont nécessairement plurielles, adaptées à des auditoires divers ; cela signifie qu'il n'y aurait pas de forme originelle pure ( des « ipsissima verba »), mais que la tradition compose en transmettant : Comme le souligne Kelber dans l’ouvrage dont je te parlais plus haut : « L'histoire orale avant Marc est un phénomène pulsatoire, fait d'expansions et de contractions, de croissance et de déclin, de progrès et de reflux » (p. 31).
Cependant, je pense que le passage de l'oral à l'écrit opère une transmutation qui n'a pas été considérée d'emblée comme nécessaire ou souhaitable. Pensons aux réticences d'un Papias : « S'il m'arrivait de rencontrer ceux qui avaient fréquenté les Anciens, je cherchais à savoir les paroles de ceux-ci, ce qu'avaient dit André, ou Pierre, ou Philippe, ou Thomas, ou Jacques, ou Jean, ou Matthieu, ou quelque autre des disciples du Seigneur ; ce que disaient Aristion et Jean le presbytre, disciples du Seigneur. Je ne pensais pas que ce qui vient des livres me fût aussi profitable que d'entendre une parole demeurée vivante » (Papias d’Hiérapolis, Explication des discours du Seigneur, d'après EUSEBE DE CESAREE, Histoire ecclésiastique, III, 39, 4). L'évangile écrit opère une rupture de la sympathie orale entre le narrateur et les auditeurs, et favorise la distance critique du lecteur. Il crée la linéarisation du récit, fondée sur la chronologie, la causalité, les transitions rédactionnelles et l'agencement d'ensemble narratifs partiels déjà constitués.
Mais il n'en reste pas moins vrai que le style oral reste sensible à travers la rédaction actuelle.
Voici ma modeste réflexion en ce vendredi matin…
A bientôt cher collègue et ami !
j'suis bien d'accord! d'ailleurs notre cheminement vers les excercices d'ignace de loyola, les rencontres de prière contemplative, etc... vont dans ce sens! appréhender un texte en l'écoutant, en visualisant la scène en se mettant à la place des personnages, en écoutant ce que çà provoque en moi... tout çà fait appel aux 5 sens...
continue à expérimenter sur ce terrain! bisous Mam
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